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Une expérience intérieure de connaissance et de transformation

Focusing et travail sur soi : Intentions et résultats

Mars 2016 Jean-Guy Richard

Les intentions qui peuvent nous amener à l’étude du focusing varient d’une personne à l’autre et s’affinent au fur et à mesure de l’approfondissement de la pratique.

La recherche identifie de nombreux bénéfices découlant de cette pratique : atténuation de souffrances et malaises divers, réduction du stress, élimination de blocages, amélioration de la créativité, de l’écoute, meilleures relations avec l’autre, connaissance et acceptation de soi, authenticité, meilleure orientation et décision de vie, expériences spirituelles, etc. La pratique du focusing peut s’inscrire dans le cadre d’une démarche thérapeutique, dans un objectif de développement personnel ou dans une recherche spirituelle. Le niveau thérapeutique est généralement associé à la résolution de problème, à l’élimination de la souffrance, à la recherche d’un mieux-être. Les objectifs du développement personnel nous renvoient à la connaissance de soi, à la valorisation des talents et potentiels, à l'amélioration de la qualité de vie, à la réalisation de ses aspirations et de ses rêves. Le développent spirituel, avec ses dimensions de contemplation, de méditation et de prière, répond au besoin naturel de l'être humain de se lancer à la découverte d'une autre dimension de lui-même; une partie lumineuse que l’on associe au Moi véritable, au Soi ou à l’Être. Un niveau de conscience qui permet d’entrer dans une relation de plus en plus profonde avec l’Autre et de grandir en compassion, en empathie, en amour. Pour R. Moss, qui a influencé grandement cette réflexion, le travail psychologique de guérison, le développement personnel et le travail en profondeur sont indissociables, les trois niveaux étant nécessaires à un cheminement harmonieux et complet. À travers le « sens corporel », le focusing nous renseigne sur la façon dont nous portons une situation actuelle, passée ou future et permet une transformation, un mouvement en avant (« carrying forward ») conformes au processus naturel de la vie. Appliquer à des situations du passé non totalement résolues, il contribue à l’efficacité du travail thérapeutique. En invitant des situations du futur, il permet d’explorer de nouvelles orientations de vie et de prendre des décisions en accord avec le développement de notre plein potentiel. En s’installant dans l’ici et maintenant, dans une présence ancrée, nous accédons à la source véritable de la créativité et pouvons contacter notre nature profonde, notre essence véritable. Que l’on explore une situation du passé, du futur ou simplement ce que l’on porte ici et maintenant, le focusing s’inscrit nécessairement dans un processus de connaissance et de transformation qui va dans le sens d’un mieux-être et d’une plus grande qualité de vie.

Focusing et pleine conscience – Des approches complémentaires

Juillet 2016 Jean-Guy Richard

Ce qui est commun au focusing et à la pleine conscience, c’est le fait de porter une attention soutenue à l’expérience intérieure qui se déroule en continu dans l’instant présent et d’accueillir « ce qui est » avec empathie et bienveillance. Les deux exigent de développer la capacité d’amener, intentionnellement, son attention sur un objet donné. Christophe André précise, qu’en méditation pleine conscience, cet objet est l’expérience vécue et éprouvée dans l’ici et maintenant, sans filtre (on accepte ce qui vient), sans jugement (on ne décide pas si c’est bien ou mal, désirable ou non), sans attente (on ne cherche pas quelque chose de précis). En focusing, l’attitude est la même alors que l’objet de l’attention est quelque chose de bien particulier; le « sens corporel » qui est la manière dont le corps répond à une situation ici et maintenant, que ce soit en direct ou lors d’une évocation. C’est le fait de pénétrer de l’intérieur ce sens corporel, de le sentir, d’en contacter les détails, qui génère de nouvelles connaissances, issues directement de la sagesse corporelle, et qui permet un changement (un mouvement intérieur) dans notre manière de porter cette situation. La démarche du focusing nous encourage à décrire ce que nous ressentons, à établir une sorte de dialogue avec notre espace intérieur et tout ce qu’il contient : un dialogue qui favorise l’émergence de l’implicite et les transformations intérieures. De plus, le focusing se pratique généralement en partenariat. Sur une base de totale gratuité, à travers des rencontres régulières, deux personnes s’offrent, à tour de rôle, un temps d’écoute. Une écoute de l’autre qui consiste à offrir sa totale présence tout en restant en contact avec sa propre expérience intérieure, à écouter à partir de son ressenti. Il s’établit alors un champ relationnel, un « champ de participation » créé par la mise en commun des énergies orientées de celui qui fait son focusing et de celui qui écoute. Il s’agit d’un véritable travail d’entraide par lequel nous apprenons à dépasser nos modes relationnels habituels, à parler et à écouter à partir du cœur.

Réflexions inspirées de "L'art de la méditation" de M. Ricard

Septembre 2017 Jean-Guy Richard

Il nous est extrêmement facile de constater que notre esprit est la plupart du temps instable, capricieux, désordonné, ballotté entre l’espoir et la crainte, égocentrique, hésitant, fragmenté, confus, parfois même absent, affaibli par les contractions internes et le sentiment d’insécurité.  De plus, il est rebelle à tout entraînement et se trouve constamment occupé par son bavardage intérieur qui maintient un bruit de fond dont nous sommes à peine conscients.

Les grandes traditions nous apprennent que pour connaître la nature véritable de l’esprit, il faut ôter les voiles engendrés par les automatismes de la pensée. Il faut commencer par laisser l’esprit devenir calme et attentif. Ensuite, il sera possible d’utiliser ces nouvelles qualités pour en cultiver d’autres, comme l’amour altruiste, la compassion, et pour acquérir une vision profonde de la nature de l’esprit. Pour atteindre ce but, toutes les écoles du bouddhisme enseignent deux types de méditations fondamentales : le calme mental et la vision pénétrante.  La pratique du calme mental permet d’atteindre un état d’esprit clair et apaisé, complètement concentré sur un objet.  Une pratique qui prépare le terrain en faisant de l’esprit un outil maniable, efficace et précis en apaisant momentanément les émotions perturbatrices. Mais, cette pratique à elle seule, ne permets pas de les éradiquer. Pour une transformation en profondeur, il est indispensable d’avoir recours à la vision pénétrante qui permet de reconnaître la nature fondamentale de la conscience, la façon dont les émotions surgissent et s’enchaînent, et comment nos fabrications mentales renforcent notre égocentrisme. Elle permettra d’arriver à une juste compréhension de la réalité, de s’affranchir des tourments créés par les émotions perturbatrices, de démasquer l’imposture de l’égo et d’appréhender la nature fondamentale de l’esprit. Il en résultera davantage de vérité et liberté dans notre façon de voir le monde. 

Or la pratique du focusing vise justement à prendre le contrôle de l’attention, à installer un état focalisé et spacieux puis à se mettre à l’écoute de notre ressenti corporel « ici et maintenant ». Pour Gendlin, appliquer le focusing, c’est d’abord percevoir un sens corporel étrange et peu connu, puis c’est l’exprimer verbalement, avec logique ou à l’aide d’image, pour qu’il se modifie.  Lorsqu’un mouvement corporel se produit, nous sentons que nos mécanismes habituels de penser s’associent à nos mécanismes physiques pour nous faire progresser. Une pratique qui va dans le même sens que la vision pénétrante et qui permet l’acquisition des ressources et attitudes nécessaires à une meilleure compréhension de nos processus intérieurs afin de pouvoir mieux gérer les multiples situations de notre vie. De ces considérations, je retiens que le focusing s’inscrit tout à fait dans la continuité des traditions spirituelles et que notre pratique en partenariat est une méditation qui combine les pratiques bouddhistes du calme mental et de la vision pénétrante.