Une expérience intérieure de connaissance et de transformation

Réflexions inspirées de "L'art de la méditation" de M. Ricard

Septembre 2017 Jean-Guy Richard

Il nous est extrêmement facile de constater que notre esprit est la plupart du temps instable, capricieux, désordonné, ballotté entre l’espoir et la crainte, égocentrique, hésitant, fragmenté, confus, parfois même absent, affaibli par les contractions internes et le sentiment d’insécurité.  De plus, il est rebelle à tout entraînement et se trouve constamment occupé par son bavardage intérieur qui maintient un bruit de fond dont nous sommes à peine conscients.

Les grandes traditions nous apprennent que pour connaître la nature véritable de l’esprit, il faut ôter les voiles engendrés par les automatismes de la pensée. Il faut commencer par laisser l’esprit devenir calme et attentif. Ensuite, il sera possible d’utiliser ces nouvelles qualités pour en cultiver d’autres, comme l’amour altruiste, la compassion, et pour acquérir une vision profonde de la nature de l’esprit. Pour atteindre ce but, toutes les écoles du bouddhisme enseignent deux types de méditations fondamentales : le calme mental et la vision pénétrante.  La pratique du calme mental permet d’atteindre un état d’esprit clair et apaisé, complètement concentré sur un objet.  Une pratique qui prépare le terrain en faisant de l’esprit un outil maniable, efficace et précis en apaisant momentanément les émotions perturbatrices. Mais, cette pratique à elle seule, ne permets pas de les éradiquer. Pour une transformation en profondeur, il est indispensable d’avoir recours à la vision pénétrante qui permet de reconnaître la nature fondamentale de la conscience, la façon dont les émotions surgissent et s’enchaînent, et comment nos fabrications mentales renforcent notre égocentrisme. Elle permettra d’arriver à une juste compréhension de la réalité, de s’affranchir des tourments créés par les émotions perturbatrices, de démasquer l’imposture de l’égo et d’appréhender la nature fondamentale de l’esprit. Il en résultera davantage de vérité et liberté dans notre façon de voir le monde. 

Or la pratique du focusing vise justement à prendre le contrôle de l’attention, à installer un état focalisé et spacieux puis à se mettre à l’écoute de notre ressenti corporel « ici et maintenant ». Pour Gendlin, appliquer le focusing, c’est d’abord percevoir un sens corporel étrange et peu connu, puis c’est l’exprimer verbalement, avec logique ou à l’aide d’image, pour qu’il se modifie.  Lorsqu’un mouvement corporel se produit, nous sentons que nos mécanismes habituels de penser s’associent à nos mécanismes physiques pour nous faire progresser. Une pratique qui va dans le même sens que la vision pénétrante et qui permet l’acquisition des ressources et attitudes nécessaires à une meilleure compréhension de nos processus intérieurs afin de pouvoir mieux gérer les multiples situations de notre vie. De ces considérations, je retiens que le focusing s’inscrit tout à fait dans la continuité des traditions spirituelles et que notre pratique en partenariat est une méditation qui combine les pratiques bouddhistes du calme mental et de la vision pénétrante. 

Retour à Blogues & Causeries

Copiright Jean-Guy Richard 2016 - 2017

Site réalisé par Lysiane et Daniel : danielzawacki.com